9 octobre 2019

Jamais on n’aura autant entendu parler de la maladie d’Alzheimer que ces dernières années. La maladie d’Alzheimer et les maladies neurodégénératives[1] suscitent, après le cancer, le plus d’inquiétude au sein de la population nord-américaine. Elles arrivent d’ailleurs en tête des maladies qui préoccupent les personnes âgées de plus de 55 ans. Mais savons-nous réellement de quoi il s’agit ?

Près de 40 % des personnes de plus de 65 ans éprouvent une forme quelconque de perte de mémoire liée à un processus normal de vieillissement. Cette perte de mémoire peut se manifester de différentes manières, comme ne pas se rappeler les détails d’une conversation ou d’un événement ayant eu lieu il y a un an, ne pas se rappeler le nom d’une connaissance, ou encore, oublier occasionnellement des événements. L’impact sur votre vie quotidienne est mineur, sans que cela vous préoccupe ou inquiète notre entourage. C’est la grande distinction à faire avec la maladie d’Alzheimer et les maladies neurodégénératives qui touchent actuellement près de 141 000 Québécois et plus d’un demi-million de Canadiens. (Source : Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer)

Les causes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas bien comprises ou connues, mais deux protéines sont impliquées dans le processus de dégénérescence. La première est la protéine bêta-amyloïde, qui, en s’accumulant dans le cerveau, forme des plaques et empêche le transfert d’informations entre les neurones, causant ultimement la mort neuronale. La deuxième protéine impliquée dans le processus est la protéine Tau. Tau joue un rôle crucial dans le maintien de la structure des neurones en s’associant aux microtubules. En se détachant des microtubules, Tau forme des neurofilaments toxiques aux cellules du cerveau. Les personnes qui reçoivent un diagnostic de maladie d’Alzheimer, ou d’une maladie apparentée, présentent ainsi plusieurs symptômes tels qu’une perte de mémoire à court terme, des difficultés avec les tâches familières, des problèmes de langage et d’attention, des difficultés avec les notions abstraites ou une désorientation dans l’espace et dans le temps. Contrairement au vieillissement normal, ces difficultés sont fréquentes et touchent les fonctions exécutives ainsi que la mémoire épisodique de la personne.

Malgré les efforts considérables de la recherche, il n’existe actuellement aucun médicament qui puisse stopper, ralentir ou renverser le déclin cognitif. Les médicaments actuellement approuvés par Santé Canada permettent de soulager certains symptômes liés à la maladie, tels que la perte de mémoire ou les troubles du langage, mais leurs effets restent modérés, avec des effets secondaires qui peuvent être difficiles à supporter pour certains patients.

Même si nous n’avons aucun contrôle sur les deux principaux facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer, à savoir l’âge et les antécédents génétiques, il n’en demeure pas moins que la prévention demeure la meilleure mesure à mettre en place pour essayer de retarder l’apparition des premiers symptômes, mais aussi de ralentir l’évolution de la maladie. Les facteurs de risque associés à la maladie d’Alzheimer sont bien connus et plusieurs d’entre eux sont des facteurs modifiables, sur lesquels nous pouvons agir individuellement, mais aussi collectivement. Cela passe notamment par une meilleure prise en charge et un meilleur contrôle des maladies cardiovasculaires, du diabète, de l’hypertension, de l’obésité, de la dépression, ou encore, du tabagisme. C’est aussi et surtout en favorisant de saines habitudes de vie, à travers une alimentation saine et équilibrée, en pratiquant une activité physique, en réalisant des activités liées à la stimulation cognitive, et en assurant un réseau social autour de la personne pour briser l’isolement que l’on peut arriver à ralentir le déclin cognitif.

Nouha Ben Gaied, PhD
Directrice recherche et développement, qualité des services

[1] Les maladies apparentées sont la démence vasculaire, la démence frontotemporale, la maladie de Creutzfeld-Jakob et la démence à corps de Lewy. Dans le texte lorsque maladie d’Alzheimer est mentionnée, cela inclut les maladies apparentées.

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10 commentaires

10 réponses à “Alzheimer et vieillissement normal, quelles différences ?”

  1. Merci beaucoup pour cet article. Je viens de publier un livre sur la mémoire et l’intelligence dans lequel je traite aussi de la maladie d’Alzheimer. J’ai été heureuse de réaliser dans mes recherche qu’elle est héréditaire dans a peine 1% des cas; parfois moins dépendant des études consultées.

  2. La différence : Elle peut être presque imperceptible ou importante et dépasser les capacités du cadre familial, mais la médecine actuelle veut Tout stéréotyper !

  3. Toutes les données ne sont généralement dites probantes et rigoureuses que si elles sont testées (cobayes…) lorsqu’il s’agit de médicaments et encore…!!!
    Là, je vous parle de comprendre les causes et de les éviter !

    1. L’Ordre professionnel des diététistes du Québec a émis une position par rapport au regime cétogène qui n’est pas recommandé en raison des risques important de développer des maladies cardiovasculaires. Ce qui est prôné par contre c’est de diversifier ses aliments en s’assurant d’avoir un apport en nutriment/protéines équilibré, car un aliment seul ne peux avoir des propriétés miracles

  4. Je ne prétends pas être plus savant ni plus intelligent que ces chercheurs qui ignorent les causes de ces maladies dégénératives, par contre je suis en mesure de démontrer le processus de cette dégénération sur des patients, l’arrêter au bout de trois(3) mois, sans aucun médicament !

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