17 mai 2023

Les enfants qui doivent composer avec un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) — ou même sans – ont souvent mauvaise presse. Ils sont trop grouillants, n’écoutent guère les consignes et donnent du fil à retordre à tous les types de personnes dont le métier consiste à leur imposer une certaine autorité. Ces enfants n’aiment pas se retrouver dans un carcan et demandent parfois beaucoup d’énergie, au grand dam de leurs parents et grands-parents.

Comment interagir avec eux ?

Si vous êtes aujourd’hui grand-père ou grand-mère et que vous vous êtes reconnu dans l’introduction, vous avez fort probablement vécu une parentalité haute en couleurs par moment, puisque les différentes formes de TDAH sont héréditaires. Elles ont donc été transmises par vos enfants ou pire… par vous !

Évidemment, j’écris ces lignes avec un sourire en coin, puisque vous n’avez rien à vous reprocher à cet égard. Malgré tout, le fait de composer avec de telles personnalités peut parfois vous pousser dans vos retranchements. Alors, que faire ?

Les enfants qui présentent un TDAH sont souvent comparés à des enfants très actifs, qui déplacent de l’air, de sorte qu’à une certaine époque, nous aurions juré qu’ils n’avaient pas pris leur Ritalin. Le médicament en question, devenu bien populaire au milieu des années 2000, a connu un succès si important que sa marque est entrée dans l’usage. Or, dans les faits, le rôle des grands-parents demeure bien fréquemment le même que celui des parents qu’ils étaient jadis et des parents qu’ils ont engendré eux-mêmes : l’accompagnement, la compréhension et l’amour.

Aussi banal et dénué d’imagination que ça.

À la base, un enfant de ce type a surtout besoin d’être compris et de ne pas être jugé par ceux qu’il aime. Certes, parfois, lorsque l’enfant connait une surdose d’énergie soudaine, la situation peut présenter des défis de gestion et, aussi, de gestion de soi. Un enfant TDAH est une véritable éponge, encore davantage s’il présente, grâce à ce trait distinctif, une intelligence émotionnelle au-dessus de la moyenne; ce qui est souvent le cas. Il sera donc appelé à réagir instinctivement à pratiquement chaque émotion que vous lui témoignerez ou chaque réaction dont vous ferez preuve.

Éreintant ? Oui.

Aussi, un enfant TDAH ne peut pas être grondé comme les autres, car sa perspective naturelle à s’opposer à l’autorité prendra le dessus. C’est pourquoi, il faut aller de l’avant avec une stratégie de collaboration et, plus souvent qu’autrement, de négociation. Cette portion n’est pas la plus simple non plus, car vous faites face à un enfant plus rusé que la moyenne, expert de l’argumentation et du raisonnement.

Et les parents ?

Selon nos experts, les parents d’enfants TDAH auront, bien entendu, besoin d’un coup de main comme tous les parents à l’occasion, à la différence que les premiers espèrent surtout que vous ne les jugerez pas ou que vous n’estimerez pas que leurs progénitures ont été mal élevées pour agir de telle ou telle façon. D’autant plus que c’est une cassette qu’ils connaissent déjà et qu’ils ont entendu des centaines de fois.

Voici par ailleurs quelques réalités exposées par les experts Germain Duclos, psychoéducateur et orthopédagogue depuis 30 ans, et Louise Lessard, travailleuse sociale au CISSS de Lanaudière, dans leur ouvrage TDAH et estime de soi : à la rescousse des parents et des enfants, publié aux Éditions du CHU Sainte-Justine.

Les experts énumèrent le manque de sommeil des parents, leur épuisement, un manque de temps pour eux-mêmes et leur couple, des conflits interpersonnels ou même des difficultés financières.

Bref, faites-leur confiance et trouvez-les adéquats comme parents. Ce sera la meilleure façon de les accompagner dans une aventure où les montagnes russes sont déjà légion !

Par Marc-André Pelletier

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