15 janvier 2020

Depuis le début de ses activités en 2009, La Société pour les arts en milieux de santé (La SAMS) a présenté plus de 6 000 concerts dans 250 établissements de santé: centres hospitaliers, centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et résidences pour aînés, centres de réadaptation et instituts en santé mentale. La SAMS est présente sur l’Île de Montréal, Laval, dans la région de la Capitale-Nationale, en Estrie, en Montérégie, dans les Laurentides, en Mauricie, en Beauce et dans le Bas St-Laurent.

Plusieurs études démontrent les bienfaits de visites régulières de musiciens en milieux de soins et les résultats sont probants. Réussir à faire chanter des aphasiques, amener une personne souffrant d’Alzheimer au réel l’espace d’un instant et faire battre des mains un aîné déprimé sont des prouesses régulièrement expérimentées lors de nos concerts… prouesses qu’aucun médicament ne peut, à ce jour et à si peu de frais, se targuer de reproduire.

Avoir un impact marqué dans les communautés qu’elle dessert est une réalité quotidienne pour La SAMS et ses musiciens. À chaque sortie, ils font l’expérience que leur art et leur présence professionnelle apaisent, sauvent et parfois même guérissent. Mais quels sont donc ces concerts ? Quelle est leur importance et pourquoi suscitent-ils toujours beaucoup d’enthousiasme ? Pour répondre à ces questions, voici relatée l’histoire d’un de ces concerts.

« J’assistais pour l’occasion à un concert du guitariste Matthieu Léveillé intitulé Les mémoires d’une guitare au CHLSD Notre-Dame de la Providence dans Hochelaga-Maisonneuve. À mon arrivée, je me suis installé à l’arrière de la salle communautaire où avait lieu le concert. Une dizaine de personnes en fauteuil roulant attendaient déjà patiemment tout en bavardant ou tricotant. J’observais avec quel soin les infirmières et le personnel étaient attentifs aux patients; tous si différents les uns des autres. « Ils sont beaux », me suis-je dit en les regardant. Comment était cette femme dans sa jeunesse ? A-t-elle eu un mari, des enfants ? Où habitait-elle ? Ce monsieur qui veut toujours se lever; quel métier exerçait-il ? Et ces deux femmes qui marchent en se tenant gentiment la main; comment sont-elles devenues amies ? Alors que je me posais toutes ces questions, j’ai remarqué qu’une musique était diffusée en arrière-plan pour mettre de l’ambiance et masquer un tant soit peu le brouhaha des arrivées successives.

Mais voilà, c’était bientôt l’heure du concert ! Le musicien s’est présenté puis a entamé sa première pièce. Instantanément, le silence s’est fait, l’attention, captée. La puissance de la musique, même réduite à sa plus simple expression — un seul musicien, un public — s’est révélée dans toute sa splendeur, opérant une transfiguration aussi soudaine qu’inattendue.

Mais comment avais-je pu oublier ? La musique vivante rend vivant ! Elle fait danser les pieds engourdis et ranime les cœurs fatigués. L’espace d’un seul instant, d’une seule note reconnue, elle insuffle une dignité retrouvée. Alors que les corps usés peinent, les cœurs vivent encore grâce au plaisir. Et à chaque fois que ce plaisir est éprouvé, il combat la maladie de la façon la plus humaine qui soit, et qui sait, peut-être aussi la mort. »

La SAMS, c’est enrichir la vie.

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